Cette ETI industrielle exporte jusqu’à 90% de sa production

BFM Business

8 février 2017 | par Fréderic Bergé, Journaliste

Spécialisé dans les machines industrielles pour le travail des métaux, Redex exporte mondialement de 80 à 90% de la production de ses usines de France et d'Allemagne. Forte de 7 filiales à l'étranger, cette ETI de 350 salariés a développé une culture spécifique de l'exportation.

La culture de l’industrie et de l’exportation est dans l’ADN de cette entreprise moyenne et discrète. Alors que la France a affiché un déficit commercial record de 48 milliards d’euros en 2016, Redex apporte sa (modeste) contribution à l’export. Son activité industrielle est tournée presque exclusivement vers l’international, où elle réalise de 80 à 90% de son chiffre d’affaires.

Enracinée dans le Loiret (45), l’entreprise est un industriel de la mécanique fine et de précision. Sa production, issue de deux usines françaises, concerne des pièces et des équipements industriels destinés aux usines travaillant les métaux (sidérurgie, métallurgie, …). Son savoir-faire consiste à réaliser au micron près des équipements de l’industrie lourde, se présente la société, méconnue en dépit de ses performances à l’export.

Quand Redex marie le « made in Germany » avec le « made in France »

Redex maîtrise aussi un savoir-faire dans le laminage de fil de cuivre, qui lui permet d’assurer le bobinage des moteurs électriques des TGV d’Alstom . « Notre savoir-faire industriel se situe très en amont. Nos clients ont en général des usines et des machines comme des laminoirs » explique Bruno Grandjean, le PDG.

Aux commandes de cette ETI depuis 2004, il est le petit-fils du fondateur de Redex. L’entreprise, non cotée, reste familiale et emploie 350 salariés. Ses 50 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel en 2016, sont à comparer aux 20 millions d’euros annuels, lorsque Bruno Grandjean a pris les rênes il y a 12 ans.

Cette croissance s’explique aussi par une importante acquisition réalisée en 2011. Redex a racheté un rival industriel allemand, Bühler Würz, qui fabrique des laminoirs. Pour muscler son activité à l’étranger, l’entreprise a parié sur l’alliance du label renommé « made in Germany » , qui donne confiance aux clients professionnels, au « made in France » , lié à son savoir-faire historique.

« Au Japon, nous vendons à Toshiba ou à Mitsubishi » explique Bruno Grandjean, PDG de Redex. Crédit photo : Dahmane.

Mais, la caractéristique première de Redex est sa maturité à l’exportation. « L’entreprise a pris très tôt le virage de l’international. La première filiale commerciale à l’exportation date de 1961. Aujourd’hui tous nos documents techniques sont en anglais. Nous n’avons quasiment pas de documents en Français pour vendre dans l’Hexagone, ce qui peut paraître un peu étonnant » explique Bruno Grandjean.

 « Nous exportons sur tous les continents où l’industrie liée au travail des métaux est développée » ajoute le PDG de l’ETI, par ailleurs président de la fédération des industries mécaniques (FIM). Son activité à l’export repose sur 7 filiales et 3 centres de service à l’étranger.

Redex a séduit des grands noms de l’industrie japonaise 

Rien qu’aux États-Unis, elle réalise environ 20% de son activité totale avec des ventes de 9 millions de dollars. Au Japon, sa nouvelle terre de conquête, elle utilise encore le relais d’un partenaire local et non celui d’une filiale locale, pour satisfaire Toshiba ou Mitsubishi, devenus ses clients.

« Notre culture de l’exportation se traduit par l’intégration dans nos effectifs permanents de 5 à 10 % de nationalités étrangères. Pour comprendre les besoins des clients à l’international, il faut embaucher localement des techniciens et des ingénieurs » conclut Bruno Grandjean qui loue la patience de son actionnariat vis-à-vis d’une « rentabilité relativement modeste » propre à ses métiers.

Un article de Fréderic Bergé

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