Comment l’e-commerçant LDLC a su résister à Amazon et Cdiscount

BFM Business

16 février 2017 | par Fréderic Bergé, Journaliste

Après 21 ans d'existence, LDLC exploite une galaxie de sites internet marchands dont la vente de produits high tech est le fer de lance. Il étoffe son réseau de boutiques "en dur", digère le rachat d'un rival en 2016 et inaugurera en 2017 son nouveau siège social, en restant rentable.

Ayant fêté ses 20 ans d’existence en 2016,  LDLC trace sa route sur le marché français de l’e-commerce à l’ombre d’Amazon et de Cdiscount (groupe Casino). Au 3ème trimestre de l’exercice 2016-2017, le groupe familial LDLC (initiales de son président et fondateur, Laurent de la Clergerie), coté sur Euronext, a enregistré une croissance de son activité de +49,2%, à 143,8 millions d’euros, par rapport au 3ème trimestre 2015-2016.

À périmètre constant (hors Materiel.net consolidé depuis le 1er avril 2016), l’activité du groupe d’origine lyonnaise est en croissance trimestrielle de seulement 4,7%. Sur les neufs premiers mois de l’exercice en cours, le groupe LDLC a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 364,9 millions d’euros, en hausse de +51,9%, dont +8,0% à périmètre constant (hors Materiel.net).

LDLC a su rester concentré sur la vente en ligne de produits techniques

Cette croissance, bien que très correcte, est inférieure aux objectifs du groupe qui a estime avoir « été freiné par des ventes en ligne sur les produits high tech moins dynamiques qu’anticipées pendant la période des fêtes« .

Ce léger fléchissement de son activité ne remet pas en cause le parcours quasi sans faute de ce groupe d’e-commerce. Une des recettes de sa longévité est d’être resté concentré sur son cœur de métier originel : la vente en ligne de produits techniques, informatiques et électroniques avec plusieurs marques (ldlc.com, dlp-connect.com, hardware.fr,etc…).

Sur le plan de la logistique, l’acquisition de materiel.net en 2016, lui a apporté un deuxième centre logistique basé dans la région de Nantes. Crédit photo : LDLC

 

Après la digestion du groupe Materiel.net, racheté 39,2 millions d’euros en 2016 et spécialisé comme lui dans la vente en ligne de produits high tech, LDLC devrait atteindre voire dépasser 500 millions d’euros de chiffre d’affaires sur son exercice en cours, clos le 31 mars 2017. « Avec une amélioration de sa rentabilité opérationnelle » , selon sa direction. Le groupe était rentable sur son dernier exercice 2015/2016 avec 7,9 millions d’euros de résultat net contre 5,8 millions un an plus tôt.

Sur le plan de la logistique, l’acquisition de materiel.net, lui a apporté un deuxième centre logistique basé dans la région de Nantes, en plus de celui implanté dans sa région lyonnaise d’origine. Il n’y a pas (encore) de quoi rivaliser avec les 4 immenses entrepôts français d’Amazon, mais c’est largement suffisant pour un site internet marchand spécialisé comme LDLC.

Fin 2016, LDLC disposait d’un réseau de 22 boutiques physiques réparties dans l’Hexagone. Crédit Photo : LDLC.

 

L’année passée a aussi été marquée par l’accélération de l’ouverture de nouvelles boutiques physiques. LDLC comptait 22 points de vente « en dur » ouverts à fin 2016 (contre 13 fin 2015). Cette stratégie, entamée en 2014, s’inscrit dans un modèle de distribution multicanal. Il répond aux nouveaux modes de consommation, alliant Internet et achat en boutiques physiques et permet la collecte en magasins par le client de ses commandes passées en ligne. Sur son dernier exercice 2015/2016, ce réseau de magasins avait généré 34,5 millions d’euros de ventes.

À l’été 2017, le groupe réceptionnera son siège social flambant neuf de Dardilly, dans la banlieue de Lyon. Lui ayant coûté 22 millions d’euros, ce site réunira sur 7.500 mètres carrés toutes les entités de son écosystème dont L’école LDLC.

L’école LDLC forme en 3 ans des cadres chargés de la transformation numérique

S’inspirant de l’école 42 financée par Xavier Niel, cette école privée a ouvert ses portes en septembre 2015. Elle forme en 3 ans (avec une scolarité payante!), des cadres techniques aptes à gérer la transformation numérique des entreprises.

À l’horizon 2021, le groupe réaffirme son objectif de franchir le cap du milliard d’euros d’activité avec un Ebitda de l’ordre de 5.5 % à 6 % du chiffre d’affaires. À cette date, il devrait compter une centaine de magasins.
Un article de Fréderic Bergé

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