Fleur Pellerin: « La France des start-up est davantage dans le radar des investisseurs US »

BFM Business

6 mars 2017 | par Fréderic Bergé, Journaliste

Fleur Pellerin estime fondamental d'aider les entreprises de croissance à se projeter à l'international. Citant comme exemple la start-up Devialet, dont elle membre du conseil d'administration, l'ex-ministre estime que la France attire davantage l'intérêt des investisseurs américains.

Passée du côté du capital-risque en tant que présidente du fonds Korelya, l’ex-ministre en charge de l’économie numérique, a désormais des accents de chef d’entreprise.

« J’ai réussi avec Korelya à lever 100 millions d’euros auprès d’investisseurs coréens et japonais. Alors que la convention fiscale bilatérale qui régit ses plus-values de cession pour ces investisseurs n’est pas du tout favorable à leurs intérêts économiques en France. » affirme Fleur Pellerin, de passage sur l’antenne de BFMBusiness.

« Quelque chose est en train de changer en France »

Cette situation fiscale n’empêche pas que quelque chose est en train de changer dans la perception de la France, selon elle. « Les investisseurs américains ont davantage la France dans leurs radars. Ils constatent qu’il y a de très belles transactions qui se sont opérées. Dans l’intelligence artificielle, ils se rendent compte de la richesse de nos laboratoires. En terme d’image, c’est très positif pour notre pays » affirme Fleur Pelerin.

« Il y a sûrement des mesures à prendre pour rendre la France plus attractive dans un contexte post-Brexit » explique Fleur Pellerin.

 

« De très belles levées de fonds ont eu lieu l’an passé en France. L’industrie du capital-risque devient plus mature et les taux qui remontent vont inciter les banques à accepter de prendre plus de risques. C’est un mouvement positif qu’on doit accompagner » a argumenté la présidente de Korelya Capital.

Pour autant, l’ex-ministre ne se satisfait pas du regain actuel d’attractivité économique de l’Hexagone. « Il y a sûrement des mesures à prendre pour rendre la France plus attractive dans un contexte post-Brexit où nous aurions intérêt à attirer plus d’investissements. En tant que membre du conseil d’administration de France Digitale,  j’essaierai de pousser dans ce sens là » soutient Fleur Pellerin.

On lui a même conseillé d’installer son entreprise hors de France !

Elle confie même que lorsqu’elle a créé sa propre entreprise, on lui a conseillé « d’aller l’installer ailleurs qu’en France pour préserver l’intérêt financier de mes actionnaires et de mes investisseurs. Je ne l’ai pas fait par patriotisme économique et parce que cela n’avait pas de sens, compte tenu de mon projet« .

« Lorsque j’ai lancé mon entreprise, on m’a conseillé d’aller l’installer ailleurs qu’en France pour préserver l’intérêt financier de mes actionnaires et de mes investisseurs » a révélé l’ex-ministre.

 

Elle ajoute: « À un moment où la France pourrait attirer de belles entreprises implantées au Royaume-Uni, notre pays aurait tout intérêt à aligner l’impôt sur les sociétés sur la moyenne européenne » .

Si la question de la fiscalité reste, selon elle, légitime, l’ex-ministre estime qu’en tant que présidente du fonds Korelya et membre du conseil d’administration de France Digitale, on doit agir pour aider et soutenir la projection internationale des entreprises. « C’est la clé » déclare Fleur Pellerin qui cite en exemple la start-up Devialet qui a levé 100 millions d’euros fin 2016 et dont elle est par ailleurs membre du conseil d’administration.

« Devialet incarne parfaitement ce que l’on souhaite pour l’économie française : une volonté et une ambition de se projeter à l’international et une qualité de classe mondiale » conclut-elle.

Un article de Fréderic Bergé

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