Jean-Claude Volot, Dedienne Aerospace: « Pour exporter, il faut le désir de croître »

BFM Business

13 février 2017 | par Fréderic Bergé, Journaliste

Pour le PDG de Dedienne Aerospace, les entreprises françaises sont trop timorées à l'export. Une timidité qui remonte à l'histoire, le marché français ayant longtemps été auto-suffisant en raison de sa taille. Mais, la jeune génération d'entrepreneurs est plus tournée vers l'international.

Alors que la France a accusé en 2016 un déficit commercial record de 48,1 milliards d’euros, se pose à nouveau la question de la faiblesse chronique à l’export des entreprises françaises. Premier constat: quantitativement, leur nombre reste notoirement insuffisant.

« Le nombre des entreprises véritablement exportatrices en France se situe à 105.000 – 107.000. En Italie ou au Royaume-Uni, qui sont de la même taille que notre pays, ce nombre est de 200.000 et en Allemagne de 300.000. Le premier mal français se situe dans ces statistiques » explique Jean-Claude Volot, invité sur l’antenne de BFMBusiness.

3.500 entreprises ont les capacités d’exporter, mais ne le font pas !

Le PDG de Dedienne Aerospace, dont l’entreprise est spécialisée dans l’outillage pour la maintenance aéronautique, a eu l’occasion de se pencher sur la problématique de l’exportation au titre de ses fonctions au MEDEF. Son constat est sévère sur la timidité de nombre d’entreprises vis-à-vis de l’international.

« Lorsque j’étais en charge des questions d’internationalisation des entreprises au Medef, j’ai voulu savoir, grâce aux statistiques de l’Insee et des Douanes, quelles étaient les entreprises ayant les capacités d’exporter mais qui n’exportaient pas. Résultat : parmi les entreprises de 100 à 1.000 salariés, 3.500 entreprises avaient des produits et des services exportables mais ne le faisaient pas. C’est considérable ! » s’exclame le chef d’entreprise.

« Les excellents sous-traitants qui alimentent l’aéronautique française n’exportent pas assez car le marché local leur suffit » déplore Jean-Claude Volot, PDG de Dedienne Aerospace

« Cet état de fait prend ses racines dans l’histoire de notre pays. L’Hexagone est longtemps resté pour ses entreprises un marché suffisamment grand qui s’auto-suffisait  » explique Jean-Claude Volot, pour qui le vrai déclencheur d’une volonté exportatrice est lié au « désir de croître » .

« Lorsqu’on a envie de croître, le marché national se révèle rapidement trop petit. Il faut aller voir ailleurs pour grandir » souligne le PDG de Dedienne Aerospace.

La jeune génération d’entrepreneurs affiche une vision mondialisée de son marché

Mais, tout en louant la contribution imposante du secteur aéronautique aux exportations françaises, avec 18,6 milliards d’euros d’excédent commercial en 2016 grâce aux ventes record d’Airbus, il en souligne le paradoxe.  Ce marché est suffisamment grand pour suffire à nombre de sous-traitants qui viennent alimenter l’industrie aéronautique. « Ces excellents sous-traitants n’exportent pas assez car le marché local leur suffit alors qu’il leur faudrait exporter » déplore le chef d’entreprise.  

Jean-Claude Volot apporte cependant une note d’espoir. « Les choses changent. Les nouveaux chefs d’entreprise, quand ils démarrent leur affaire, n’ont plus la vision hexagonale du marché comme pouvaient l’avoir les anciens. Ils ont d’emblée une vision mondialisée de leur marché. Et l’outil numérique y contribue beaucoup car c’est le moyen idéal au service de l’international »  conclut-il.

Un article de Fréderic Bergé

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