L’ETI iséroise Poma accélère sa diversification dans le téléphérique urbain

BFM Business

16 janvier 2017 | par Fréderic Bergé, Journaliste

Longtemps cantonnés au tourisme, les téléphériques de Poma descendent dans les villes. Toulouse et Orléans ont retenu l'ETI iséroise et ses cabines tractées par câble comme mode de transport urbain, à faible empreinte écologique qui plus est.

Cantonné à une vocation touristique et montagnarde, le téléphérique a-t-il un avenir dans la ville? Oui, viennent de répondre deux métropoles françaises. Après Brest, première ville de l’Hexagone à inaugurer un téléphérique urbain (avec un système d’origine suisse) en novembre 2016,  Toulouse et Orléans ont coup sur coup opté pour ce mode de transport collectif pour desservir certains de leurs quartiers. Ces deux dernières métropoles font le bonheur de Poma dont les larges cabines tractées par câble ont été retenues pour transporter des passagers en zone urbaine.

Cette ETI originaire de l’Isère, un des pionniers mondiaux du téléphérique de montagne, a réalisé un chiffre d’affaires en 2015 de 286 millions d’euros. Elle emploie 938 personnes dont 630 en France sur ses différents sites industriels. Présente sur le marché depuis plus de 80 ans, Poma a commencé à se diversifier dans le transport urbain avec ses cabines tractées par câble à l’étranger, surtout hors d’Europe. Les villes de Rio de Janeiro, New York ou Alger ont déjà intégré un téléphérique de la société iséroise à leur réseau de transport urbain collectif.  

Le téléphérique en ville est adapté au franchissement d’obstacles naturels

Le téléphérique est particulièrement adapté au franchissement de dénivelés en villes ou de voies fluviale, maritime, autoroutière ou ferroviaire, en complément des bus, trams ou trains.   Loin d’être universel, ce mode de transport se conçoit plus comme un moyen d’intermodalité, s’insérant dans un réseau de transport public existant. C’est dans cette perspective qu’il intéresse de plus en plus de collectivités. 

En France, c’est leur faible empreinte écologique en liaison avec la loi de 2015 sur la transition énergétique qui ont donné un coup de fouet aux projets de villes françaises en matière de téléphérique urbain. Ce texte a notamment facilité sur le plan juridique leur installation en zone urbaine.  

À Toulouse, le futur téléphérique urbain, long de de 3 km, aura 14 cabines d’une capacité de 35 personnes (Source : SMTC-tisséo/Poma)

À Orléans c’est le groupe Vinci Construction France qui construira le futur téléphérique urbain qui permettra de franchir les voies de la gare de Fleury-les-Aubrais à l’horizon 2018. Le système retenu est celui de deux cabines, en va et vient, qui seront fournies par Poma. Elles circuleront de part et d’autres des voies, pour relier la gare à un futur quartier qui va être aménagé de l’autre côté et pourront transporter une soixantaine de passagers à la fois. Le coût du projet s’élève à 14,7 millions d’euros hors taxes, dont 3,4 millions d’euros de subventions publiques.

Quant à Toulouse, c’est à la fin du mois de décembre 2016 qu’a été choisi le projet d’un groupement d’entreprises mené par le constructeur français Poma pour réaliser son téléphérique urbain, qui doit entrer en service début 2020, a annoncé la métropole. Le spécialiste isérois du transport par câble mène un groupement réunissant aussi Bouygues TP, Systra, Seti, Altiservice et Sequences.

L’Île-de-France a lancé une étude de faisabilité de téléphérique urbain sur 12 sites

Le futur téléphérique, qui doit coûter 54,6 millions d’euros, desservira trois stations sur 3 kilomètres dans le sud de Toulouse: l’université Paul Sabatier, l’hôpital de Rangueil et l’Oncopole, un pôle de recherche sur le cancer. Ce sont 14 cabines de 35 places  qui seront installées, pour 7.000 voyageurs attendus par jour. Le tracé, qui devrait être accompli en 10 minutes, a un dénivelé de 100 mètres sur le coteau de la colline de Pech David et survole la Garonne.

En France, plusieurs autres projets de téléphérique urbain sont à l’étude notamment en île-de-France. L’exécutif régional a lancé à l’automne 2016 une étude de faisabilité sur une douzaine de sites franciliens qui pourraient accueillir un système de transport par câble d’ici à 2021.

Un article de Fréderic Bergé

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