Impression 3D : les industries les plus concernées, aujourd’hui et demain

BFM Business

27 janvier 2017 | par Fréderic Bergé, Journaliste

Plusieurs industries pratiquent déjà la fabrication additive (impression 3D) dont l’aérospatial, le médical ou l’automobile. D’autres secteurs, moins avancés sur ce plan, sont à fort potentiel tels le bâtiment et l'emballage souligne une étude de la direction générale des entreprises.

La révolution incarnée par la fabrication additive (impression 3D) exerce déjà et produira à l’avenir des effets variables et à plus ou moins long terme selon les secteurs industriels. C’est l’un des enseignements d’une étude prospective de la direction générale des entreprises (DGE) de Bercy, présentée le 26 janvier 2017.

« Face aux 82 milliards de dollars du marché mondial de la machine-outil, la fabrication additive reste un phénomène d’ampleur limitée malgré une croissance soutenue depuis quelques années. Le niveau d’adoption et la maturité des acteurs restent très variables selon les domaines d’utilisation »explique cette étude confiée au cabinet Tech2Market.  « Selon les secteurs d’applications, les technologies de fabrication additive peuvent ainsi avoir des impacts très différents, et les usages d’aujourd’hui et de demain sont bien spécifiques à chaque secteur » ajoutent les auteurs de l’étude.

Repris par le groupe Gorgé en 2013, Prodways se développe à vive allure dans les imprimantes 3D industrielles. Crédit : groupe Gorgé

Précurseurs en la matière, les secteurs de l’aérospatial/aéronautique représentaient 14,8 % du marché de la fabrication additive en 2014. Ces secteurs ont besoin de productions de petites séries pour lesquelles la fabrication additive permet de s’affranchir de la conception et fabrication d’outillage spécifique. « L’industrie aéronautique reconnaît aux technologies d’impression 3D la capacité de réduire le poids, le coût et la complexité de production de pièces, sans pour autant sacrifier la sécurité et la durabilité des matériaux » explique l’étude.  

Pourtant, les ailes ou le fuselage sont des pièces trop critiques en aéronautique pour être encore imprimés en 3D pour le moment. Mais, des composants telles que les attaches ou des éléments de cabine pourraient permettre de réduire de près de 7 % le poids d’un avion.

« La croissance de marché est évaluée à 15-20 % sur les cinq prochaines années. Le secteur représente un potentiel de marché considérable » soutiennent les auteurs de l’étude.

Le médical est précurseur pour l’impression additive

Outre l’aérospatiale, le médical est l’un des secteurs précurseurs pour la fabrication additive avec 13,1 % du marché en 2014. « Les capacités de la fabrication additive s’alignent avec les besoins du segment des dispositifs »médicaux : augmentation de la personnalisation des produits, production et livraison plus efficaces et moins coûteuses notamment » explique la DGE.

Elle concerne notamment les dispositifs médicaux implantables, le secteur dentaire et les instruments chirurgicaux. « Le médical devrait représenter 25 % du marché de l’impression 3D d’ici 2020. Le marché des matériaux d’impression à vocation médicale passera de 50 millions de dollars à 345 millions d’ici cinq ans » relève l’étude prospective de la DGE.

L’industrie automobile a représenté 16,1 % du marché de la fabrication additive en 2014. « Elle représente notamment 80 % du marché d’impression 3D sable. On y retrouve du développement de culasse et turbo avec des séries allant de 1 à 100 pièces même si la fabrication additive directe de pièces ne peut pas répondre aux cadences et aux volumes de la filière » souligne l’étude de la DGE, qui constate qu’elle reste concentrée sur le sport automobile et le haut de gamme. 

Selon une étude du cabinet SmarTech, citée par la DGE, « l’impression 3D devrait représenter un marché de 1,1 milliard de dollars dans l’industrie automobile à l’horizon 2019, avec une croissance annuelle de l’ordre de 20 % sur les cinq prochaines années » .

Le bâtiment offre un fort potentiel à moyen et long terme

De même, la fabrication additive paraît adaptée à la plasturgie et à la fonderie pour la réalisation d’outillages. En fonderie, l’impression 3D a un intérêt évident lorsque des pièces doivent être reproduites et que le fondeur n’a plus ou pas de modèles. « Ces applications sont aujourd’hui parfaitement qualifiées industriellement et connaissent un véritable essor, ce qui laisse penser que le segment de l’outillage rapide est un segment porteur à court terme » affirment les auteurs de l’étude de la DGE.

D’autres secteurs d’activités sont moins concernées pour l’instant par la révolution de l’impression additive. C’est le cas du bâtiment et de l’architecture avec 3,2 % du marché mondial de la fabrication additive. Il représente pourtant un fort potentiel à court, moyen et long terme. L’étude de la DGE voit, pour cette technologie, un intérêt certain pour les moules et peaux de coffrages, la fabrication d’éléments préfabriqués en usine et à plus long terme, la construction d’habitat directement sur site.

De même, l’emballage est considéré comme un des marchés secondaires de la fabrication additive sauf comme un outil de prototypage rapide. Un concept comme Pack&Strat « présente un vrai potentiel de marché, notamment pour les musées, les industriels qui souhaitent transporter des pièces fragiles ou à haute valeur ajoutée ou les grands noms du luxe » constate l’étude prospective.

Un article de Fréderic Bergé

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