Pierre-Henri Deballon, Weezevent : « Pourquoi on n’a pas voulu vendre notre start-up »

BFM Business

24 avril 2017 | par Fréderic Bergé, Journaliste

On reproche parfois aux entrepreneurs de revendre leur start-up à la première offre. Le cofondateur de Weezevent explique pourquoi, avec son associé, il a refusé une offre de rachat. Il a préféré chercher et réussi à trouver un actionnaire référent l'accompagnant dans sa croissance.

Vendre son entreprise est très tentant pour un entrepreneur, mais est-ce toujours le bon choix ? « Mettez-vous à sa place : il a pris tous les risques et travaillé comme un acharné. Il est dur de résister à une grosse somme d’argent. C’est un moment qui est compliqué à vivre. Si l’entrepreneur n’a, à ce moment là, aucune autre alternative, il a tendance à vendre » soutient Pierre-Henri Deballon, cofondateur de Weezevent, start-up spécialisée dans la billetterie et le paiement sans contact pour les événements.

« Or, une start-up, en étant vendue à un autre groupe, souvent concurrent, va être engloutie car, généralement, celui-ci va l’intégrer pour grossir. Mais la croissance qu’avait la start-up avant son rachat est un peu coupée dans son élan » soutient l’entrepreneur, invité sur l’antenne de BFMBusiness.

Le risque des réductions d’effectifs à la suite d’un rachat

« Lorsqu’on a été confrontés à une offre de rachat, mon associé, Sébastien Tonglet et moi-même, on ne voulait pas vendre car on voulait poursuivre notre aventure jusqu’au bout. Nous étions passionnés » ajoute le cofondateur de Weezevent.

« Ce qui a été déterminant dans notre refus de vendre c’est la réflexion d’un repreneur potentiel. Il nous a fait comprendre que s’il rachetait notre entreprise, il allait procéder à des réductions d’effectifs. Pour ces départs, nos forces commerciales étaient les premières visées alors qu’elles étaient avec nous depuis le début et que nous les estimions très brillantes » commente Pierre-Henri Deballon.

« Mettez-vous à la place d’un entrepreneur : il a pris tous les risques et travaillé comme un acharné. Il est dur de résister à une grosse somme d’argent » explique Pierre-Henri Deballon, cofondateur de Weezevent.

 

« Nous avons décidé alors de rechercher un actionnaire. Il fallait qu’il soit à la fois un entrepreneur, surtout pas un financier, pour partager avec lui le même discours et qu’il ne soit pas un concurrent qui nous aurait dicté la manière de faire notre business alors que nous estimons avoir la bonne vision de notre métier.  » explique l’entrepreneur.

« Nous sommes allés rencontrer vente-privee.com. On leur a exposé notre situation en leur expliquant qu’on cherchait un actionnaire tout en gardant le contrôle. En effet, le fonds d’investissement qui nous avait accompagné depuis le début souhaitait sortir pour réaliser un beau multiple » argumente Pierre-Henri Deballon.

« Nous avons une vision long terme que partage vente-privee.com qui raisonne aussi sur le long cours. Cette réussite de l’e-commerce français s’internationalise de plus en plus, ce qui nous permettait, dans nos déploiements l’étranger, de nous appuyer sur eux  »  conclut l’entrepreneur pour justifier l’entrée de la société de Pierre-Antoine Granjon à son capital, début 2015. 

Un article de Fréderic Bergé

A LIRE AUSSI SUR LA MEME THEMATIQUE