Comment vanter à son patron les mérites de la transformation numérique

BFM Business

31 mars 2017 | par Fréderic Bergé, Journaliste

Le livre au titre évocateur "Le digital expliqué à mon boss", fournit un argumentaire pédagogique, émaillé d'exemples pratiques, à ceux qui veulent convaincre leur hiérarchie de prendre le train de la révolution numérique. Un livre de management pour tous, pas traditionnel du tout.

Si vous désespérez de trouver les bons arguments pour vanter les mérites à votre patron de la transformation numérique, ce livre est pour vous. Dans leur ouvrage au titre évocateur « Le digital expliqué à mon boss » , les deux auteurs, Hervé Kabla et Yann Gourvennec, ont bâti sur 275 pages un long argumentaire, mâtiné de conseils de bon aloi (sans jargon, ni termes abscons) pour tirer parti de la « lame de fond qui nous submerge » .  

Inspiré de leur pratique et de leurs retours du terrain, le livre (éditions Kawa) est aussi parsemé d’interviews ou de témoignages d’experts du domaine qui apportent leurs points de vue sur la stratégie digitale.

« Le numérique est partout et tout est numérique »

Dans une première partie (qui a vocation à disparaître dans une prochaine édition ?), les auteurs s’échinent à (dé)montrer (à ceux qui en douteraient encore) que le numérique est à la mettre sur le même plan que la comptabilité ou la logistique : on ne peut s’en passer en entreprise.

Ils expliquent aussi dans cette entrée en matière ce qu’est une entreprise digitale en commençant par ce qu’elle n’est pas.  « Il ne suffit pas de développer une application ni de distribuer des ardoises électroniques pour être une entreprise digitale » argumentent-ils.

« Le véritable enjeu de la transformation digitale n’est pas dans l’accumulation des technologies, mais dans la justesse de leur utilisation et la qualité du service rendu au client » ajoutent les auteurs.

 

A ceux qui pensent (encore ?) exercer dans un secteur ou un métier épargné par la révolution numérique, les auteurs opposent deux chapitres entiers et successifs. Pour eux, le digital concerne tout le monde.

Ils détaillent son influence sur une douzaine de secteurs (de la banque à l’automobile en passant par les experts-comptables, l’énergie et les transports) et sur une dizaine de métiers ou « d’acteurs » dans l’entreprise (de la DRH au dirigeant en passant par la communication, le service client et les actionnaires).

L’ubérisation, le retour d’une antienne bien connue ?

Le chapitre intitulé « mythes et réalités du digital » désamorce les préjugés et autres idées toutes faites qui « tuent » les débats sur le sujet.  Pour les auteurs, l’ubérisation est le « énième symptôme d’une discussion de sourds« .

Le mérite de cette partie est de dégonfler aussi les arguments préconçus a priori favorables au numérique tel que « j’ai déjà effectué ma transformation digitale, merci » . Pour les auteurs, la transformation est un processus continu sans fin : « faire, défaire, refaire, c’est le lot des acteurs du digital… »  .

Faut-il d’abord commencer par recruter un Chief digital officer ?

La fin du livre est consacrée à la façon de mettre en œuvre le digital dans son entreprise. Ce chapitre final est organisé autour de quelques commandements : « commencer par recruter un bon responsable du digital (Chief digital officer) » , « acquérir une entreprise digitale » ,  « Il suffit de recruter les bons profils » , « Il faut former tous les salariés », que les auteurs s’empressent de relativiser ou de mettre en perspective.

Loin d’être un guide incantatoire ou un hymne au changement pour le changement, l’ouvrage résume à la fin : « Vous devez avoir pris conscience que le digital va vous mener sur des terrains mouvants, non balisés, où chaque initiative nouvelle crée de nouvelles conditions de progression » .

Un article de Fréderic Bergé

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